Dimanche 11 décembre 2011 7 11 /12 /Déc /2011 15:33

Bonjour à tous,

 

Toujours dans ce même principe de l'écriture rapide, voici un texte vite fait bien fait... En le relisant, il m'a donné des frissons... J'ai pris plaisir à l'écrire, à envoyer les mots au front, à dire les choses sans détour, à utiliser un vocabulaire que je n'utilise généralement pas dans mes autres récits/nouvelles. Et je peux vous dire que ça soulage, que ça tourmente...

 

Jour de Taule
11 décembre 2011

Je me suis mise en taule,
Je me mets dans ma propre garde à vue,
Un flingue sur la tempe, je bave et j'exulte,
Dis-moi pourquoi j'ai fait ça, dis-moi pourquoi je me suis plantée !
Comment j'ai pu en arriver là, à cause de toi,
à cause de ça, de ce putain d'idéal ?!
Je suis dans ma propre prison,
J'ai construit mes murs, tout s'effrite mais rien ne s'écroule
Il n'y a que le plancher qui pourri,
Je m'enfonce, je m'enlise, le sol bouge et mon pied s'enfonce,
Y'a des putains de trucs qui bougent autour de moi, je flippe
J'avale les cachetons qui trainent sur la table, y'a urgence
Je m'enfile la moitié de la bouteille et je fracasse le reste contre le mur
Ne dis rien, ne dis plus rien,
Ferme ta gueule ou y'aura encore plus de dégats !
Je sais que tu veux pas ça mais...
Tu vois pas déjà que je crève, que je moisis dans ma piaule ?!
Qu'il n'y a plus rien à faire, que je suis perdue, que j'ai plus de cachets, plus de picole, plus d'amis et plus d'âme ?
Des connards de moralisateurs m'ont collé une lampe dans le visage
Ils m'ont craché dessus en me disant d'avouer ce que je foutais
Mais j'ai plus de business depuis longtemps, je suis clean,
J'ai juste foiré ma vie sentimentale et je me condamne pour ça, je vois pas où est le grain qui bloque
La machine est pétée de toute manière, la vie te baise plus que tu ne baises
Lâche ta Licht, lâche ton gun, tu vois pas que je me juge moi-même ?
J'ai pas besoin qu'un col blanc vienne me dire à quelle heure je fermerai les yeux
Ni quel jour on me mettra de la colle pour les clore définitivement !
Je transpire, je pue, ça coule sur mon ventre
J'ai faim, j'ai froid, j'ai chaud, le bout du flingue glisse sur ma tempe
Je m'écroule sur la table, je gémis, j'attends avec les mouches qui tournent dans le cloaque
La lumière grésille, tout fou'l'camps, et tu bouges pas !
Tu sais que j'en suis arrivée là, putain mais pourquoi est-ce que je me suis autant plantée ?
Comment t'expliques ça toi ? Hein ? T'es pas meilleur que les autres, connard ?!
Aller dégage ou il va encore y'avoir du grabuge ...
Ma main tremble et se crispe sur la gachette,
Je vois mon Kimber Cal22 qui me regarde bizarrement,
Comme des envies de baisser le chien... et Poum !
Mais tu serais trop content , je vais pas te faire ce plaisir !
Je veux juste savoir comment j'en suis arrivée là, à tenir ce flingue contre ma tempe
à vouloir me saborder et faire couler mon propre navire !
Dis-moi pourquoi j'ai fait ça, dis-moi pourquoi je me suis plantée !
Comment j'ai pu en arriver là, à cause de toi,
à cause de ça, de ce putain d'idéal,
Je suis dans ma propre prison,
J'ai construit mes murs, tout s'effrite mais rien ne s'écroule.

Par Ombeline D. - Publié dans : Ecrits personnels
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Retour à l'accueil

Bienvenue !

Critiques d'art et écrits divers

Partager

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés