Lundi 12 décembre 2011 1 12 /12 /Déc /2011 20:07

Bonsoir !

 

Décidemment très polifique en ce moment -mais pas dans ce dans quoi je devrais l'être, hélas-, voici un autre petit texte inspiré de quelques phrases attrapées dans le RER B direction "le nord " de Paris... Bref, direction ghetto des temps nouveaux. Oh oh !

 

J'ai grosso-modo entendue les deux premières phrases... puis le bruit, la foule, je me suis retrouvée seule avec mon imaginaire, mon précieux-allié qui m'aide à supporter des heures et des heures de transports en communs.

Voici le texte issu de ces deux phrases qui éclatèrent dans ce RER comme une bulle trop longtemps suspendue.

 

 

ZONE URBAINE 2

 

Fais pas la conne, sois franche,

Je sais que j’ai pas assuré, jt’ai laissé la môme et la merde,

Je suis parti faire le beau,

J’ai cru que je valais mieux que cette misère,

Mais j’ai plongé dans un ruisseau!

Putain, mais dis-moi pourquoi j’ai fini par être un connard ?!

Comment j’ai fait pour être ce mec que je voulais pas être ?

J’ai les flics qui me collent au cul,

J’ai de la cendre sur le visage, j’écrase mes larmes,

Je roule à tombeaux ouverts,

Je fais vrombir, je sais pas où je vais

Je croyais que je valais mieux que les autres,

Je viens d’un trou où des amis se tirent dessus,

Pour un euro, pour un zéro de trop,

Des bécanes, du racket, un peu de vol, beaucoup de viol

Dans le vitriol, c’est la misère qui parle,

Stop, arrête d’être en sang !

Ils disent qu’on est frères mais on est rien,

Que de la vermine, que des vauriens,

Putain pourquoi j’ai déconné ?

Pourquoi j’ai voulu faire le mec qui y croyait ?

Te mêle pas du reste, c’est les histoires de « zone sensible »,

Je suis un ZEP à moi-même,

J’ai les couilles qui collent tellement j’suis blême,

J’ai vraiment joué au con, j’assure pas, jsuis risible,

Mais toi t’as rien fait et tu trinques pour mes écarts, et…

Y’a du grabuge autour de toi,

Y’a du verre et des larmes,

Du sang et des armes,

Ça sent la poudre, ça sent le chaud,

T’as plus d’ chance d’ voir un kalash qu’une calèche,

C’est tout ce que je peux t’offrir,

Je crois que je ne peux plus rien faire,

C’est la misère, c’est la croix sainte en enfer,

Y’avait vivre ou mourir, j’ai choisi de partir.

 

 

à demain peut-être, pour la continuité de Jour de Taule et Zone Urbaine 2... 

 

Votre dévouée observatrice des moeurs.

 

Par Ombeline D. - Publié dans : Ecrits personnels
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